Comment réussir à échouer

C’est le titre paradoxal et accrocheur d’un tout petit livre, écrit par un des grands personnages qui a beaucoup contribué à faire connaître « l’école de Palo Alto », Paul Watzlawick.

Seulement une centaine de pages, un style espiègle et parodique, des courtes histoires d’horizons divers ou issues de la philosophie, qui prennent le contrepied du discours « prêt-à-penser ». Il se lit vite, je l’ai lu avec plaisir et sourires,  à tel point que j’ai du le relire plusieurs fois pour en tirer la substance, et je pense le relire encore. Car ses implications sont très riches !

Comment réussir à échouer - de Paul Watzlawick
Comment réussir à échouer – de Paul Watzlawick

Rien que le titre lui-même : « Comment réussir à échouer » est en lui-même un pied-de-nez à tous les manuels et modes d’emploi que l’on trouve actuellement dans les librairies et les magazines qui sont des variations autour de « comment trouver votre bonheur ».

Bien connaître les mécanismes de l’échec permet de les déjouer plus finement et plus sûrement, car ainsi on apprend à les détecter plus rapidement et les éviter.

C’est ainsi, qu’il raconte l’histoire d’un certain Ide Olog  (lire « Idé »…), « un naïf qui voulait le vrai bonheur, non pas seulement pour quelques élus, mais pour tous, sans exception ». Bel idéal à priori, que le « naïf » voudrait propager … Oui mais voilà l’ingrédient supplémentaire : Mr Olog subit le sort des 3 sorcières de Macbeth,

  1. qui lui mettent « dans la tête la ferme conviction que sa vision du monde est la seule qui soit juste et vraie »
  2. et qui l’amènent ensuite « à se demander pourquoi il avait si clairement conscience de tout le mal dans le monde, alors que les autres continuaient à vivre leurs sombres existences, résignés à accepter les choses telles qu’elles sont. »

A trop vouloir le bonheur, on crée … le malheur.

Alors Mr Olog finit par vouloir ranger chaque chose, personne ou événement dans une case parmi la seule paire de cases possibles et étanches « bon/mauvais », ou « juste/injuste ». Et dans cette vision manichéenne, on a d’un côté ceux qui savent quel est le bonheur, et de l’autre ceux qui sont dans l’erreur, à qui il convient bien entendu de faire entendre raison, à tout prix. Dans l’histoire, Mr Olog pose une bombe dans un grand magasin…

« Le bien obligatoire cesse d’être le bien par le fait même qu’il est obligatoire. » Paul Watzlawick citant un disciple de Dostoïevski

Des exemples vous viennent à l’esprit ?

Bien sûr, dans les medias, les sociétés totalitaires… Et sous des formes moins extrêmes ? à chaque fois que nous sommes dans une logique formelle duale : « se soumettre ou se rebeller », « être pour ou contre », etc. Ou alors à chaque fois que l’on veut tellement « quelque chose au point que l’on commence à craindre de ne pas l’obtenir ». Cherchez des exemples dans votre vie de tous les jours!! A l’école, au travail, en couple, en famille …

Alors, comment faire pour s’en sortir ?

Paul Watzlawick nous emmène découvrir le « tiers exclu », les « jeux à somme non nulle » : cette « chose radicalement différente et extérieure » qui permet de se sortir d’une situation qui paraissait inextricable. Ce sera l’objet de mon prochain article 😉 !

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