J’ai peur d’avoir peur ?!

Avez-vous remarqué quelle énergie nous déployons à essayer de NE PAS avoir peur ?

peur d'avoir peur
Face à la peur : envie de fuir !

Que c’est pénible à vivre les peurs, voire les angoisses ! Alors, pour se défaire de cette sensation si difficile – de la boule au ventre jusqu’aux sueurs froides voire l’envie de vomir – on peut tenter d’éviter toutes les situations qui nous font vivre cela ! Mais éviter ne réduit pas la peur, au contraire ! Elle augmente, parfois même jusqu’à avoir peur d’avoir peur …la pire des peurs

Par exemple : éviter toute situation où on pourrait nous donner la parole, si on a peur de parler en public ; éviter les maisons de campagne si on a peur des araignées ; éviter de voyager en avion, si on a peur de l’avion, etc.

Aurait-on peur … d’afficher notre peur ?

La vie est faite de projets, de plaisir, d’enthousiasmes, (heureusement) mais aussi de doutes, de peurs, de remises en question. Alors, oui bien sûr, ça fait du bien d’être positif, et à la fois, parfois, je me dis que parler de peurs … serait-ce tabou ??

Pour un entrepreneur, ça peut être tentant de ne rien oser de trop nouveau, de trop décalé, si on a peur de se planter ; ou bien super tentant d’éviter d’exprimer son désaccord à ses associés, si on a une peur bleue du conflit.

Sauf que vouloir éviter à tout prix d’avoir peur, ça peut devenir PIRE encore ! 

Aïe Aïe Aïe ! La peur devient pire !
A force de l’éviter, la peur devient pire !

Je m’explique : vouloir éviter les situations qui font peur, ça rassure pendant 5 minutes, mais ça n’empêche pas d’avoir peur. A force de les éviter, l’imagination s’en mêle, et alors la peur devient de plus en plus incontrôlable le jour où on est confronté à la situation stressante (et donc c’est pire !)  Et du coup, ce n’est plus une simple peur, ça devient une terreur à la seule idée de devoir parler en public, de prendre l’avion, de croiser une araignée, de rater un projet, de dire son désaccord, …

Et parfois, on finit par avoir peur d’avoir peur

Dans certains cas, c’est l’entourage, en voulant nous aider, qui contribue sans le vouloir à nous faire éviter encore plus !

Je me souviens d’un directeur d’un projet informatique que j’ai croisé au début de ma carrière – sur un très gros projet, de plusieurs millions d’euros – dont l’angoisse était presque palpable lorsqu’on le voyait ; il suait souvent à grosses gouttes, avait des tics nerveux, parfois des tremblements, et cela contredisait totalement son discours continuellement rassurant : « nous sommes sur la bonne voie ». Ce que chacun souhaitait ardemment évidemment ! Quelques mois plus tard, le projet était classé « trouble project » c’est-à-dire un projet qui patienait à fournir les résultats attendus avec un client peu enclin à payer la prestation…, c’est-à-dire exactement le contraire de ce que chacun souhaitait éviter ! Que d’énergie déployée à éviter de regarder en face les peurs et les risques au lieu de s’adapter plus tôt !

 

Avec ce cocktail explosif, que fait-on (si on en arrive là, c’est-à-dire quand on passe son temps à éviter d’avoir peur) ?

 

Paul Watzlawick et Giorgio Nardone nous font explorer le traitement des peurs de façon très pragmatique.
Un ouvrage technique sur les stratégies pour résoudre les problèmes humains.

D’abord, faire ce que l’Ecole de Palo Alto appelle un « virage à 180 degrés » : Au lieu d’éviter la peur, allez la voir de plus près !

Explorer exactement point par point ce qui fait peur. Et ce qui pourrait arriver de pire. Et pas juste en restant à la périphérie ! C’est absolument nécessaire, car cela permet d’entrevoir des conséquences qu’on se refusait à envisager. Ça donne des informations précieuses sur les risques que l’on prend. Et de s’y préparer éventuellement.

Facile à dire ! A faire, c’est une autre histoire ! Une expérience émotionnelle qui sert de recadrage, car elle modifie totalement la perception de la situation ! (Rien à voir, mais alors rien à voir avec Halloween!!) Mieux vaut être accompagné par un pro (coach ou thérapeute stratégique), car sinon on risque de rester en surface. Dans l’Art du Changement, Giorgio Nardone et Paul Watzlawick apportent un éclairage passionnant sur le traitement des peurs bloquantes : quand et comment utiliser les recadrages et cette prescription paradoxale d’aller explorer les craintes les plus épouvantables.

Voici un article qui détaille une intervention stratégique pour gérer des peurs, cliquez ici.Intervention stratégique peur2

Et ensuite, on peut apprendre à l’apprivoiser.

La peur devient alors « gérable » ! On peut construire les plans B, retrouver ses moyens et ses ressources pour faire face aux situations qu’on évitait soigneusement !

 

« Parfois on paye pour aller faire les montagnes russes, mais elles sont là, à l’intérieur de toi ! » Mister Ramesh dans cette video (Merci à Carine de me l’avoir fait découvrir)

Moi ça me fait des frissons à l’intérieur ! Et vous, ça vous fait quoi ?

5 pensées sur “J’ai peur d’avoir peur ?!

  • 29 octobre 2014 à 17:26
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    La peur ne dit pas son objet, c’est à chacun de le découvrir : merci Estelle !
    Génial Mr Ramesh, le philosophe le plus drôle du monde, dans un décor improbable !

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  • 29 octobre 2014 à 17:35
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    Effectivement, la vidéo est TOP ! Je la montre dans mes journées sur le pire ! C’est finalement du bon sens…
    C’est rigolo car je viens d’organiser pour le 13 novembre une conférence sur la peur en Belgique cette fois…
    Bravo pour ton article !!!

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  • 29 octobre 2014 à 18:57
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    J’ai beaucoup apprécié ton article. Pour moi, il dédramatise la peur, la remet à sa juste place: une émotion. Il est vrai que la peur a mauvaise presse dans notre société et pourtant comme dit Mr Ramesh, elle nous prouve que nous sommes vivants.
    Au plaisir de te lire de nouveau!

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  • 25 novembre 2014 à 12:36
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    Merci pour l’article et la vidéo. Le pire avec la peur, c’est que plus nous fuyons, plus nous avons d’occasions de le rencontrer, car nous avons tendance à l’éviter, donc à y penser. Par exemple, une personne qui a peur des araignées, trouve toujours une araignée quelque part où elle va, car elle ne pense qu’à l’éviter, donc elle y pense constamment, et du fait elle fini par en voir une.

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