Le fabuleux pouvoir du cerveau en coaching

« Ils » ouvrent de nouvelles perspectives sur une situation…

« Ils » nous font vivre des sensations et des émotions nouvelles…

« Ils », c’est qui ?

Nos rêves, lorsque nous dormons !

Le pouvoir du cerveau pendant notre sommeil

Cet article est la suite de celui sur les découvertes des neurosciences sur les rêves : j’ai tout partagé dans un article « le rêve serait-il un bon coach » à relire ici.  Aujourd’hui je propose de faire un lien avec ce que nous faisons en accompagnement de coaching (ou de thérapie) avec l’école de Palo Alto.

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Comme en rêve, vivre une expérience alternative

C’est un des leitmotiv de l’école Palo Alto : faire vivre une « expérience émotionnelle correctrice ». C’est-à-dire faire vivre une expérience dont l’émotion et les sensations viendront changer notre perception de la réalité, et donc notre réaction. L’expérience peut être vécue en séance ou par une tâche entre les séances.

On appelle cela un « recadrage ».

La puissance d’un recadrage, c’est sa capacité à « inverser la vapeur » !

En général, nous sommes « accrochés » à notre vision du monde, et à nos différentes croyances (par exemple : « le monde est comme ceci », ou « je m’en sortirai toujours »). Nous les utilisons pour rationaliser, chercher des explications à ce que nous vivons.

  • Les pensées générées peuvent alors tourner en boucle dans notre tête, nous coupant de nos sensations, de nos émotions, in fine de ce qui se passe autour de nous. Nous pouvons nous enfermer dans notre mental !
  • Et ce sont aussi nos croyances qui sélectionnent les faits auxquels nous prêtons attention. C’est comme si nos croyances étaient des lunettes filtrantes, occultant certains aspects de la réalité !
    • Exemple : Luc est enthousiaste et croit dur comme fer que son logiciel va révolutionner la vie de ses futurs clients. A tel point qu’il ne voit pas que ses prospects et clients potentiels sont peu enthousiastes, et ne sont pas prêts du tout à changer leurs habitudes. lunettes-reve-realite-coaching

Le pouvoir de l’évocation

Alors pour sortir du mental, et des pensées en boucle, il peut nous arriver de raconter des anecdotes ou de raconter des histoires ! Parfois aussi en évoquant des détails et sensations.

Luc a conclu un contrat avec un client à qui il doit livrer un logiciel. Mais la veille de la livraison, il réalise soudain que son produit n’est pas du tout adapté aux besoins de son client !! Or c’est le premier gros contrat de sa start up, et cela lui permettrait de prouver que son logiciel fonctionne… Luc ne veut pas abandonner, après un si dur labeur, et des semaines de travail ! Mais il ne veut pas décevoir son client ! Alors il se sent coincé, dans une impasse.

Nous lui disons alors qu’il est comme ce guide de montagne qui réalise, la veille d’une ascension, que la meteo prévoit pluie et orage, que l’équipe n’a ni crampons, ni la forme physique d’une course en montagne. Les emmène-t-il au sommet malgré les risques ? « C’est exactement ça ! », s’écrit Luc. Et à cette évocation, Luc ressent tout de suite comment réagir dans sa propre situation, il se sent soulagé, sorti de ses rationalisations.

Pendant un court instant, Luc a été emmené dans l’évocation de montagne, avec toutes les sensations associées : nous avons utilisé cet extraordinaire pouvoir du cerveau : il ne fait pas de différence entre ce que l’on fait en réalité et ce que l’on fait en imagination.

Le pouvoir du cerveau activé par le langage

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Notre cerveau activerait des zones différentes selon le langage : on parle de « cerveau droit » et de « cerveau gauche« . Cette distinction nous vient de Paul Watzlawick dans son ouvrage Le Langage du changement (1). (Il s’agit d’une image ! car les zones en question ne sont pas plus à droite qu’à gauche dans les faits !!) L’hémisphère « droit » serait activé par le langage des images, des métaphores, des histoires, des sensations, de la poésie, et donnerait un sens global à ce que nous vivons. Tandis que l’hémisphère « gauche » lui, parlerait un autre langage, celui qui rationalise, classifie, analyse, intellectualise. Nous nous sentons mal lorsque ces deux parties sont en conflit, par exemple lorsque nos sensations contredisent notre rationalisation. Ou bien lorsque nous n’avons plus accès à une des deux parties.

Pour dépasser une émotion bloquante

Un exemple fabuleux : lorsque nous sommes bloqués dans une émotion comme la peur.

  • Par exemple, lorsque la personne évite ce qu’elle craint, et que cela fait monter son stress : nous allons explorer ce qu’elle fuit. Exactement comme lors des rêves « catastrophe » observés par les chercheurs ! La personne, en imaginant mentalement le scenario le plus redoutable, active des ressources pour apprivoiser – en imagination puis en réel – ce qui l’effrayait. D’ailleurs, une fois les craintes traversées, le niveau de peur retombe à un niveau « gérable ».

« Il semble que le cerveau dramatise le quotidien de chacun pendant le sommeil. En jouant mentalement les événements à l’avance, il apprendrait à éviter les pires comportements et à garder les meilleurs. »  Isabelle Arnulf, professeur de neurologie à l’université Pierre-et-Marie-Curie.

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Autoriser un scenario plus adapté au contexte

Ainsi, parler le langage des images et métaphores, c’est le langage des rêves, c’est le langage qui autorise des émotions, en leur donnant un sens compatible avec une solution. Le cerveau lâche prise sur le « tout cérébral » qui le faisait tourner en rond.

De nouvelles portes s’ouvrent : nous pouvons, de façon consciente ou inconsciente, laisser émerger une solution efficace.

 

(1) Paul Watzlawick Le Langage du changement – Éléments de communication thérapeutique, 1978, trad. 1980, Seuil.

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