Le rêve serait-il un bon coach ? (1/2)

chat-dormantNous passons 25% de notre vie à rêver.

  • Rêver, est-ce utile ?
  • A quoi cela nous sert-il dans notre vie éveillée ?

Les chercheurs en neurosciences ont épluché les imageries cérébrales, les pensées et les émotions de dizaines de milliers de rêves qui peuplent nos nuits.

Voici quelques-uns de leurs enseignements :

  • Lorsque nous rêvons en dormant, ce serait pour mieux affronter les difficultés dans notre réalité du moment.
  • Les scenarios de nos rêves pourraient nous préparer à mieux gérer nos peurs et autres émotions négatives, en nous aidant à trouver les comportements les plus adaptés.

Phénomène hors de notre volonté consciente, et difficilement communicable (sauf par les rêveurs « lucides »), le rêve nous emmène au delà de ce que nous osons habituellement.

Le rêve se déroule hors de notre volonté consciente

En général, nous ignorons que nous sommes entrain de rêver. Tout comme nous ignorons que nous sommes entrain de dormir. Et nous vivons nos rêves comme une réalité !

gerer-emotion-negative2L’imagerie cérébrale a prouvé que l’amydale, centre cérébral des émotions, est hyperactive dans de nombreux rêves. Les aires visuelles et le cortex moteur sont aussi très actifs. Tandis que certaines zones du cortex, responsables du sens critique et du raisonnement, sont peu actives.

Ceci expliquerait que nous soyons pris dans des émotions fortes, des sensations et mouvements en 3D, emportés par un imaginaire puissant et parfois farfelu. Nous y croyons fermement ! Au point parfois d’être perdu au réveil entre plusieurs réalités

Nos rêves sont loin d’être idylliques !

Ils contiennent deux fois plus de négatif que de positif !

Nos rêves contiennent deux fois plus d’émotions connotées négatives – comme la peur, la colère, la honte – que d’émotions connotées positives – comme la joie ou le plaisir.

Affronter les dangers pour mieux les surmonter

affronter-danger-reel-imaginaireCes rêves à consonance négative seraient une préparation à affronter l’anxiété : ils permettraient d’entrainer nos stratégies de défense.

  • Face à des situations incertaines, ou à fort enjeux, que pouvons-nous faire avec notre volonté consciente ?
  • Parfois nous voudrions anticiper l’imprévisible , contrôler l’incontrôlable, se préparer à toutes les éventualités rationnelles … Autant de paradoxes impossibles à résoudre. Sauf si on change totalement de réalité.
  • Le rêve prendrait-il alors le relais ?
Un test a été réalisé auprès d'étudiants passant le concours de 1ère année de médecine. 78% ont rêvé du concours de façon négative ! Panne de réveil, arrivée en retard, oubli de la carte d'étudiant, incapacité à répondre devant l'examinateur... Mais ceux qui ont rêvé d'échecs ont mieux réussi que les autres (avec en moyenne plus de cent places de mieux au classement) ! (1)

Le rêve permettrait d’anticiper ce que la volonté se refuse à anticiper. Et d’élargir notre palette de réactions.

Un chercheur finlandais a étudié les rêves de jeunes adultes en 2000. Il a constaté que 60 à 77% des rêves de jeunes contenaient des scènes de menaces, des attaques, des poursuites, des animaux dangereux. Il conclut que la fonction des rêves serait de mieux se préparer aux dangers, en élaborant toute sorte de stratégies de fuite, de contre-attaque ou d'adaptation. (2)

Apprendre à mieux gérer les émotions négatives

En intégrant les émotions négatives dans des scenario, en nous les faisant ressentir, le rêve permettrait de mieux les intégrer à notre vie.

Créer de nouvelles solutions pour notre quotidien

Le cerveau met en scène des scenarios imaginaires. Il les construit par associations – plus ou moins fantaisistes – entre des éléments que nous avons parfois perçus inconsciemment pendant la journée. En restant éveillé, nous n’aurions pas accès à ces informations !

Aussi rêver de nos problèmes permettrait de mieux les résoudre ! 

atome-electronDe nombreuses anecdotes relatent des découvertes, des inventions industrielles ou artistiques réalisées grâce à un rêve. Paul McCartney aurait entendu en rêve la mélodie de Yesterday, Dali aurait utilisé ses rêves comme inspiration, Mendeleïev (auteur du célèbre tableau de classement des éléments chimiques) aurait vu dans un rêve « un tableau où tous les éléments tombaient à la bonne place »,  Niels Bohr aurait élaboré la théorie de l’atome structuré avec les électrons après s’être vu en rêve assis sur le soleil devenu solide avec des planètes tournant à toute vitesse autour de lui…

C’est aussi ce que conclue une recherche faite à Harvard en 2010 : rêver d’un problème – et même de bribes de ce problème -, permet d’être trois fois plus performant pour le résoudre !

 

Sortir de quelques idées reçues sur les rêves

reve-sommeil-affronter-realiteJe vous partage aussi ce que j’ai découvert en lisant les récentes recherches en neurosciences :

  • Tout le monde rêve, même les personnes qui n’en gardent aucun souvenir (ce qui concernerait à peine 1 % de la population)
  • Nous ne rêvons pas que pendant le sommeil « paradoxal ». Les chercheurs ont découvert que nous rêvons aussi durant les phases de « sommeil lent » (recherches du psychologue américain David Foulkes). La différence réside dans notre capacité à nous souvenir de nos rêves, plus importante dans la phase dite « paradoxale ». On rêve donc aussi pendant la sieste !
  • Même les animaux rêvent. On a observé les mouvements de chats et de chiens durant leur sommeil, leurs rêves seraient peuplés de chasses et de bagarres.
  • Les rêves « typiques » sont rares – comme perdre ses dents, de voler en hauteur (1% environ constatés sur plusieurs dizaines de milliers), tout comme les rêves sexuels. On s’en rappelle mieux car ils sont plus marquants, ce qui produit un « biais » nous incitant à penser qu’ils sont plus fréquents.
  • Nous ne fabriquons pas notre rêve au moment du réveil. Nous le construisons pendant le sommeil, avec un temps qui s’écoule plus lentement que lorsque nous sommes réveillés.
  • Et Freud dans tout ça ? « A la fin du 19ème siècle, il fut le premier à proposer un rôle pour les rêves, […] et beaucoup de patients y croient encore, mais ses théories n’ont reçu aucune confirmation scientifique. Au contraire, plusieurs expériences exploitant les banques de rêves remettent en cause le rôle d’exutoire de ces derniers. » (3)

Si vous m’avez lu jusqu’ici, peut-être aurez-vous appris aussi quelque chose ?

Quels liens entre nos rêves et ce que nous faisons en coaching ? Ce sera l’objet du 2ème volet de cet article, à lire « Le fabuleux pouvoir du cerveau en coaching »

Faites de beaux rêves ! 😉

 

(1) Etude rapportée par Isabelle Arbulf professeur de neurologie à l’université Pierre-et-Marie-Curie et chercheuse  à l’institut du cerveau à Paris.

(2) Etude de Antti Revonsuo, psychologue et philosophe, université de Turku en Finlande.

(3) Isabelle Arbulf professeur de neurologie à l’université Pierre-et-Marie-Curie et chercheuse à l’institut du cerveau à Paris. Les informations de cet article sont tirés de :

I. Arnulf, Pourquoi rêvons-nous ? Pour la Science – n°459 – Janvier 2016.

I. Arnulf, Une fenêtre sur les rêves, Odile Jacob, 2014

5 pensées sur “Le rêve serait-il un bon coach ? (1/2)

  • 24 octobre 2016 à 17:35
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    Bonjour Estelle, est-ce ces études précisent le temps de sommeil minimum pour pouvoir profiter de tous les bienfaits des rêves ?
    En tout cas, merci de nous avoir fait partager ces données. Caroline

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    • 7 novembre 2016 à 14:52
      Permalink

      Merci de ta question Caroline ! Puisqu’on rêve meme pendant une sieste, je dirai la durée d’une sieste ?
      Du coup, maintenant, quelle est la durée minimum d’une sieste ? Là, je n’ai pas de réponse !! Dali, faisait des micro-siestes, en dormant une clé à la main au dessus d’une coupelle : à peine assoupi, la main se détend, lache la clé qui tombe, et le bruit sur la coupelle te réveille ! Mais je ne sais pas si on a le temps de rêver ?? A-t-on d’ailleurs le temps de dormir ?
      Ce qui est sûr, c’est que Dali trouvait ça suffisant en journée : « vous pouvez être sûr également que ce moment fugitif, où vous
      avez à peine perdu conscience, et pendant lequel vous ne pouvez pas être certain
      d’avoir vraiment dormi, est entièrement suffisant vu que vous n’avez pas besoin d’une
      seconde de plus pour que votre être physique et psychique tout entier soit reposé. »
      A tout bientôt

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  • Ping : Le rêve serait-il un bon coach ? (2/2) - Palo Alto et Cie

  • 24 décembre 2016 à 12:20
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    Bravo pour cet article si vivant et si intéressant !!! Pour moi, on rejoint l’hypnose et son pouvoir de faire vivre l’expérience émotionnelle en séance. Cela vaudrait la peine de faire les parallèles…
    En tous cas, super nourrissant ce blog !!!
    Marina

    Répondre
    • 3 janvier 2017 à 22:12
      Permalink

      Merci Marina !!
      Evidemment c’est là que l’hypnose intervient !
      Je me demandais qui allait en parler en 1er ! et c’est toi ;-)!
      Je ne maîtrise pas suffisamment l’hypnose pour en faire un article aujourd’hui, c’est pour ça que je n’en ai pas parlé (mais ça viendra c’est sur !)

      Répondre

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